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Le "petit" patrimoine d'Aron

A découvrir

Aron : un village au patrimoine très riche.

 

Quelques exemples :

 

Aron :La commune porte le même nom que la rivière qui la traverse, l'Aron.

Aron est une commune française, située dans le département de la Mayenne en région Pays de la Loire, peuplée de 1 806 habitants, les aronnais.

 Deuxième commune du Pays de Mayenne en terme d’habitants, Aron a fait le pari d’un développement raisonné. Commune solidaire et vivante.

Aron a misé sur la qualité de vie. La commune évolue de façon cohérente en conservant une grande qualité dans les services proposés aux habitants. C’est le cas aussi dans le traitement paysager, le parc des Forges en atteste. La tour Eugène Sue, vestige d’un château du XIVe siècle, domine ce parc de 4,5 hectares. Aron se découvre facilement à pied, forte de ses huit kilomètres de chemins.

Les commerces apportent tous les services de proximité indispensables et la qualité des structures scolaires rassurent les jeunes parents. Aron a choisi de travailler sur le long terme, de grandir tranquillement et d’anticiper les événements.

Aron a longtemps gardé des stigmates de la seconde guerre mondiale. La bataille d’Aron - neuf jours de combats - a laissé des traces. La commune a payé un lourd tribut avec 22 civils tués, une ville occupée puis à reconstruire. Il a fallu travailler dur pour récupérer de la guerre : des chemins à reconstruire, le réseau d’eau potable à remettre sur pied et un endettement lourd à porter. En 1970 Aron ne comptait plus que 1056 habitants. L’esprit de solidarité a permis de remonter doucement mais sûrement la pente pour connaître à nouveau une période de croissance.

1)  La pierre Saint Martin

 

Pierre de Saint-Martin (Mayenne) :

témoin d’une lutte avec le diable ou preuve d’un culte préhistorique ?

(D’après « Bulletin de la Commission historique

et archéologie de la Mayenne », paru en 1923)

 

Située dans la commune d’Aron, qui se trouve à l’est de la ville de Mayenne et au sud de la route de Brest à Paris, la Pierre de Saint-Martin, rocher à sculptures néolithiques, présente des cavités et rainures si particulières qu’au début du XXe siècle certains savants y voient une représentation de la Grande-Ourse par la main de l’Homme vers 15 000 avant J.-C. et des témoins avérés du culte stello-solaire préhistorique, cependant que la légende affirme qu’il s’agit de traces de lutte entre un célèbre saint et le diable...

Ce qui fait son intérêt exceptionnel, c’est d’abord la concomitance de cupules, représentant la constellation de la Grande-Ourse, et de cavités en forme de sabots d’équidés, affirme en 1923 le Dr Marcel Baudouin, archéologue et ethnographe : ce qui la transforme en une pierre à inscription bilingue (écriture cupulaire et écriture hiéroglyphique, à caractères d’ordre animal — équidé) ; et c’est ensuite, celle de rainures, avec plages de polissage, et des précédentes sculptures, ce qui prouve que certaines rainures de ce genre ne sont que des sculptures cultuelles, comme celles citées ci-dessus. Aux yeux du savant Baudouin, cette pierre est donc très probante pour deux hypothèses :

 

— le cheval a été la Grande-Ourse et les Sabots d’Équidés représentent cette constellation, c’est-à-dire le Pôle ;

— nombre de polissoirs ne sont pas des pierres à polir les haches, mais de véritables sculptures cultuelles, à orientation voulue, comparables aux autres gravures sur rochers (bassins, cupules, etc.).

 

 Cette Pierre de Saint-Martin, chose curieuse, n’apparaît dans l’histoire qu’en 1900, avec le récit légendaire de Grosse-Duperon dans ses Souvenirs du Vieux Mayenne, au demeurant fort intéressant. Cet auteur se borne à la situer, sans la décrire d’ailleurs, en disant : « La Pierre de Saint-Martin se trouve à environ six kilomètres de Mayenne, au milieu d’un fourré d’ajoncs, à trois cents mètres de la route nationale de Brest à Paris, sur le côté droit de cette route, en face le champ de tir de la garnison de Mayenne », champ dit de Guélaintin ou de Glaintain. Il est évident qu’il s’agit ici de saint Martin de Tours, du saint guerrier, à cause de son épée et de sa monture dans la légende, les « Saint Martin » (de Vertou, etc.) non guerriers n’ayant pas d’épée.

 

C’est le Dr Paul Delaunay, dans le Bulletin de la Commission historique et archéologique de la Mayenne (4e trimestre 1900) qui a décrit, le premier, avec le plus de soin, la Pierre Saint-Martin. Mais la légende qu’il rapporte diffère un peu de celle qu’a publiée Grosse-Duperon ; aussi devrons-nous rapporter plus loin son texte personnel. Voici d’ailleurs la description très circonstanciée qu’il en donne :

 

« La Pierre-Martin, ou Pierre Saint-Martin existe encore. Dépendant de la ferme de Bas-Vilette, appartenant à Mlle Hédou-Lalande, elle est située commune d’Aron, dans une pièce de terre portant le n° 17 de la première feuille de la section F du plan cadastral (Aron). Elle se trouve à 400 mètres environ de la grande route de Brest à Paris, du côté droit, à l’opposition du champ de tir de Guélaintain ; le chemin qui y mène part de cette route, à 5 km, 5 de Mayenne. Elle se cache dans un fourré d’ajoncs, contre un maigre nerprun ; à quelques mètres d’elle gît un autre bloc beaucoup plus petit, insignifiant. » Cette dernière pierre est, en réalité, assez importante. Il doit s’agir d’un petit menhir tombé, en relation avec la Pierre Saint-Martin.

 

En 1900, Grosse-Duperon a publié cette légende pour la première fois : « Saint Martin, dans ses grandes chevauchées, se rendait un jour du Perche en Bretagne, quand son cheval, franchissant fossés et halliers, vint à passer sur une grosse pierre, cachée sous les hautes bruyères des landes d’Aron, et y laissa l’empreinte de ses sabots. A partir de cette époque, il a suffit à tout habitant de la contrée de quêter quelques poignées d’avoine chez ses voisins, et de les déposer dans les cavités faites par les pieds de la monture du saint, pour être guéri de la fièvre.

 

« A mesure que les oiseaux emportent les grains de votre offrande, le mal disparaît. Comment oserait-on émettre un doute sur l’origine des excavations pratiquées dans la pierre ? Pour lever ceux qui pourraient vous rester, on vous fait remarquer, sur le monolithe, une entaille, étroite et longue, qui a été creusée par la pointe de l’épée du cavalier. Les croyants n’ont point souci de la chronologie ; et saint Martin est surtout resté pour eux un guerrier, chapé et mitré. Afin de compléter cette légende, il faut ajouter que le Diable poursuivait saint Martin et s’était mis en croupe sur son cheval. Désireux de manifester sa puissance, l’esprit infernal voulut également marquer la pierre au passage. Dieu ne lui permit que de la frôler de sa queue. Ce fut assez pour produire l’éraillure qu’on voit aujourd’hui. »

 

En 1901, le Dr Delaunay, de son côté, a donné la version suivante : « ...Saint Martin, qui chevauchait alors dans le pays du Maine, s’arrêta un jour sur un rocher dans les landes d’Aron. Vint à passer messire Satanas : Holà, saint homme, cria-t-il en ricanant, qui de nous deux entamera cette pierre ? — Je tiens le pari, dit saint Martin, et, tirant son épée, il creusa le bloc d’une belle entaille. Son adversaire, quelque peu dépité, s’arc-bouta sur ses pattes et fouetta le grès d’un formidable coup de queue : mais c’est à peine s’il parvint à le strier d’une légère empreinte. Au tour du saint de rire ; et le diable, tout honteux d’avoir perdu la gageure, s’enfuit. »

 

Ce récit est certainement trop écourté et n’est qu’un résumé de la véritable tradition ancienne. Il n’explique que les deux « rainures de polissage », qu’on voit sur le bloc. Pourtant l’auteur indique plus loin que l’on trouve sur ce bloc l’empreinte des quatre pieds du cheval de saint Martin, l’auge dans laquelle il faisait boire son cheval, et son lit. Ce n’est donc qu’un abrégé de la version primitive. En 1923, un journal local, le Réveil de Mayenne, résuma cette légende en ces termes : « ...Sur notre droite, dans les landes, en Aron, nous pourrions nous faire conduire vers un polissoir On le nomme dans le pays la Pierre Saint-Martin. On prétend que ce saint, à cheval. s’y battit avec le Diable, et l’on montre, sur le caillou, l’empreinte des sabots du cheval et de la queue du diable. 1,es anciens y allaient en pèlerinage dans certaines circonstances, et y portaient de l’avoine pour les oiseaux de saisit Martin ».

Observons que la « queue du Diable » devait être assez longue pour produire l’éraillure signalée par Grosse-Duperon et la strie du Dr P. Delaunay. Il faut donc qu’il s’agisse ici d’un homme-animal à longue queue, comme un bovidé. On rencontre, précisément, sur cette roche une sculpture de sabot de Bovidé, mais un seul sabot est représenté. A la même époque, un cultivateur voisin rapporta qu’au moment de la construction de la route, on avait voulu fendre cette pierre pour la débiter. Au cours de ce travail, les ouvriers s’arrêtèrent brusquement, en entendant comme des poussins qui semblaient cloquer sous la pierre.

 

La légende de ce rocher est fort intéressante. On y voit le lit ou couchasse du saint, ainsi que l’auge dans laquelle il faisait boire sa monture. Les cavités : les cinq sabots d’équidés sont les pieds du cheval de saint Martin. Mais comme il y en a cinq, au lieu de quatre, sinon le dédoublement de l’un d’eux, du moins le sabot supplémentaire a une signification différente et spéciale. Le sabot de bovidé est, sans doute, ce qu’on appelle le Pied du diable, car il est fourchu comme un pied de bouc. Cette empreinte est assez profonde. Le texte dit : « Le diable s’arc-bouta sur ses pattes », ce qui indique qu’il fit un effort et que cet effort a imprimé, tout au moins, un de ses pieds dans le rocher.

 

Les pattes du chien de saint Martin ne peuvent être que les cupules ; mais le chien a marché, car il y a une douzaine, au moins, de ces traces... Le coup d’épée de saint Martin est évidemment la belle rainure de polissage. Le coup, frappé par la queue du diable, est certainement la rainure de la deuxième plage de polissage, moins profonde, mais assez longue, puisqu’elle mesure 0m30. Il y a donc eu lutte ici entre saint Martin, monté sur un cheval et accompagné d’un chien, et le diable.

 

Le jet d’avoine : C’est dans les sabots, dit le Dr P. Delaunay, que les gens des alentours viennent jeter, pour se guérir de la fièvre, des poignées d’avoine. La maladie cède, à mesure que les grains disparaissent, picorés par les oiseaux du ciel. Il est évident que l’avoine était placée là, jadis, pour le cheval de saint Martin. Si la pierre coupe la fièvre, ce n’est point à cause des oiseaux, mais à cause des rainures de polissoir, où le peuple voit depuis longtemps des traces du couteau du ciel [ne pas oublier que le Couteau du Ciel est un symbole de la Grande-Ourse, la constellation guérissante et curatrice, par excellence] qui coupe les maladies comme la vie ».

 

La situation topographique de la pierre Saint-Martin est importante à souligner. Elle ne se trouve pas, comme les mégalithes (dolmens ou menhirs, rochers à bassins et cupules ordinaires), sur le haut d’un plateau ou sur le flanc d’un coteau. Elle gît, au fond d’un vallon, dans un endroit marécageux, infertile, devenu une sorte de lande couverte d’ajoncs C’est là un fait assez rare, qui ne cadre d’ordinaire qu’avec les rochers sculptés et sacrés, ayant des relations avec une source.

 

Selon Marcel Baudouin et le membre de la Société préhistorique de France G. Hubert, il devait autrefois y avoir là (comme au Pas de Saint-Roch, à Ménomblet, à Fontaillé d’Avrillé, à Bourgenay, à Réaumur, etc., en Vendée), non loin de la pierre, l’émergence d’un filet d’eau et qu’aujourd’hui cette fontaine qui fut sacrée autrefois, est tarie, de façon à peu près complète.

 

 On a sur la Pierre Saint-Martin toute une série de sculptures, qui se complètent et s’éclairent les unes les autres ; ce qui est, en somme, assez exceptionnel. D’autre part, la situation topographique, au fond d’un vallon, suggère l’idée d’une source, qui devait être à l’origine de tout cet ensemble. De l’association d’idées « source et rocher » est née la conception d’un lieu consacré aux divinités toutes puissantes d’alors : le Pôle, le Soleil et les Pléiades (Équinoxe). Et les prêtres du culte stello-solaire ont consacré alors, matériellement, par les dites sculptures, de façon indélébile, la Pierre, qui devenait ainsi le repère des manifestations rituelles devant s’y dérouler aux époques voulues, c’est-à-dire au moment des grandes fêtes religieuses.

 

Dans ces conditions, affirment nos deux savants dont les conclusions furent par la suite mises en doute par d’autres scientifiques, tout ce travail humain représente de véritables écritures, de réelles inscriptions au sens propre du mot. Et, en fait, il y a là, à leurs yeux, deux sortes d’écritures :

 

— Celle dite naturelle, simple dessin représentant la nature du ciel : c’est l’Ecriture cupulaire ;

— Celle qui est symbolique et où la nature du ciel est figurée par des animaux, en l’espèce le Cheval (Jument) et le Bœuf (Vache) mythiques, qui ne sont que des constellations : c’est l’Ecriture zoomorphique.

 

La première étant déjà déchiffrée, la Pierre Saint-Martin nous a permis, enfin, de lire la seconde. C’est désormais un gros résultat acquis. A l’époque où les cavités furent exécutées, on ne savait faire bien qu’une chose : « Polir » les surfaces rocheuses et tracer de belles rainures. Cela doit correspondre au début même et non à la fin du Robenhausien, donc 16 000 ans avant Jésus-Christ pour la Grande-Ourse (Ligne des Gardes) ; 12 000 à 13 000 ans avant Jésus-Christ pour les Rainures et les Sabots d’Equidés.

 

Tout concorde donc, pour Baudouin et Hubert : on est là en présence d’un des plus antiques rochers sculptés du Néolithique supérieur, rocher destiné probablement à consacrer une source spéciale, et qui a reçu, si l’on peut dire, les marques de toutes les herbes de la Saint-Jean du Culte stello-solaire préhistorique : le Pôle et le Soleil de l’équinoxe au naturel.

"> La ville disparue : "Vaul-Lauré "

Les landes d'Aron ont,elles aussi,leur légende de cité disparue qui rappelle la cité d'Ys" in La mayenne mystérieuse de Gilbert Chaussis.

Dans les environs de la Pierre Saint Martin suitent l'eau et effacent en une nuit les trous qu'on a pu y creuser la veille;elle dissimulent la ville de "Vau-Lauré", une ville engloutie avec ses moulins et ses maisons.On raconte qu'on a découvert , au hasard de fouilles des poutres équarries qui ont été très vite recouvertes par le sol.Plus loin, dans la paroi d'une carrière de sable, une nombreuse colonie d'hirondelles est venue, pendant plus de 20 ans creuser pour y nicher, de profondes galeries.On a assuré que la présence de ces oiseaux coïoncidait avec la disparition des fièvres paludéennes.

A noter qu'au abord de cette pierre ce trouve le dolmen de la Petite Giraudière

Un dolmen est une construction mégalithique préhistorique constituée d'une ou plusieurs grosses dalles de couverture (tables) posées sur des pierres verticales qui lui servent de pieds (les orthostates). Le tout était originellement recouvert, maintenu et protégé par un amas de pierres et de terre nommé tumulus. Les dolmens sont généralement interprétés comme des monuments funéraires ayant abrité des sépultures collectives .

Les dolmens européens ont été construits entre la fin du Ve millénaire av. J.-C. et la fin du IIIe millénaire av. J.-C., ceux d'Extrême-Orient au Ier millénaire av. J.-C..


Pour certains chercheurs, à côté de ces mégalithes, leurs équivalents en bois appelés, faute de terme créé pour les désigner, dolmens en bois, pourraient avoir existé.

Les dolmens étaient des sépultures collectives à caractère réutilisable. Cela explique que, dans certains dolmens, on ait pu découvrir les restes humains de plusieurs centaines d'individus et du mobilier de périodes différentes (Néolithique, âge du cuivre, du bronze, du fer, ou même périodes plus tardives). Un peu à l'image de nos caveaux familiaux, les dolmens pouvaient servir bien plus longtemps qu'aujourd'hui et, il est sûr, que certaines tombes ont dû servir durant des siècles.

L'expression « sépulture collective » n'implique pas forcément qu'il s'agisse d'un tombeau pour tous : au vu de la quantité d'ossements parfois assez faible découverte dans des sépultures de grande taille — monuments prestigieux —, on se demande si certaines n'étaient pas réservées à un groupe de privilégiés de la communauté.

L'interprétation, comme tombeau, ne doit peut-être pas être généralisée. Certains dolmens n'ont pas livré de restes humains de type sépulcral, mais cela peut être une conséquence de phénomènes taphonomiques, de l'érosion, de pillages, de fouilles anciennes peu méthodiques, ou de fouilles clandestines. Lors de son ouverture, le dolmen sous tumulus de Mané-er-Hroeh, à Locmariaquer ne contenait pas de restes humains.

Quant au tumulus, il n'avait pas qu'une utilité protectrice de la chambre funéraire, mais sans doute aussi une fonction de signalisation, voire d'ostentation : un grand tumulus, parementé, imposait sa masse au visiteur, devait inspirer le respect du lieu et conférer un prestige certain à la communauté qui l'avait érigé.

Par ailleurs, plusieurs trouvailles archéologiques (offrandes, autel, allées, etc.) font penser que ces monuments funéraires ont pu avoir une fonction religieuse. Même bien après la grande période d'érection des mégalithes en Europe, les peuples celtes les ont, semble-t-il, parfois utilisés à des fins religieuses, mais n'en sont pas pour autant les constructeurs, comme l'affirmèrent les premiers chercheurs celtomanes des XVIIIe siècle et XIXe siècle, qui rattachaient systématiquement les mégalithes aux Gaulois et aux Bretons.

 

2)-Les stèles gauloises :

 

Cette stèle a été trouvée dans les fondations de l'ancienne église d'Aron.

Elle est visible dans le jardin du presbytère d'Aron, au 12, rue de Balade, au pied d'un calvaire et accompagnée d'une autre pierre.

Concernant ces deux "pierres", il se pourrait que le Flohic fasse, dans son illustration, une confusion entre les deux.
Celle qui est principalement présentée ici est plate et comporte des inscriptions, dont une date. Elle repose sur une autre pierre moussue qui comporte également une date et fait penser à une pierre tombale.
En revanche, celle que LF cite "autre pierre" pourrait être une stèle de l'âge du fer. Elle mesure effectivement 130 cm (confirmation à l'œil, car je ne me suis pas permise d'entrer dans le jardin du presbytère... mais non, pas à cause des moutons !), est de type linguiforme et son sommet est manquant. C'est cette dernière qui figure à l'inventaire des stèles du nord-Mayenne et qui est décrite dans le tome 10 de la revue "La Mayenne : Archéologie et d'Histoire" - 1987, comme retrouvée dans les fondations de l'église incendiée en 1944.

Notons que la commune d'Aron se situe sur le passage de la voie antique Jublains-Avranches et fait partie du territoire des Diablinthes où sont jusqu'alors recensés 19 monolithes comparables aux stèles de Bretagne. Des stèles doubles y ont aussi été retrouvées en plein champ et étaient dressées jusqu'en 1913 près de la ferme de Bas-Vilette. L'une fut enterrée sur place et l'autre a été transportée au musée à Mayenne.
Numéro du petit patrimoine : 53008_9

 

3)  Le château d’Aron : La tour Eugène Sue

 

Le château d'Aron a été construit au xve siècle. Il était protégé par des fossés. Les ravages de la guerre de Cent ans, puis la Ligue, ont contribué à sa destruction.

II reste bien peu d'éléments pour retracer l'histoire de ce château, et le mystère de la tour devient d'autant plus grand. Il est fait la description suivante des restes du château d'Aron, à la fin de l'année 1659, par Madeleine de Souvré2, marquise de Sablé, veuve de Philippe-Emmanuel de Laval-Bois-Dauphin, dans l'aveu qu'elle rend au cardinal de Mazarin, duc de Mayenne, le 19 décembre 1659 :

Du château d'Aron avec ses fortifications, disait-elle, il n'y a plus qu'un corps de logis couvert en tuiles et bardeaux, une grosse tour couverte d'ardoises, une cave et un chenil. Ces constructions sont disposées autour d'une cour au-devant de l'habitatio du maître de forges). L'enceinte du château, close par de doubles fossés, pleins d'eau, et de doubles murailles, renferme en outre deux jardins, une pièce de terre derrière le château, un verger appelé le Petit-Parc, le tout contenant environ trois journaux. Les bâtiments sont en mauvais état et les murailles de clôture en ruines. Un ancien parc de six journaux a été divisé en trois pièces, l'une en pré et les deux autres en terres labourables. Une motte à conil se trouve dans le pré dit de la Haie-d'Aron.

Ne subsiste du château aujourd'hui que la tour Eugène Sue.Eugène Sue (1804-1857) était le parent du maître des forges Louis Bigot et aurait rédigé son roman Le Juif errant au premier étage de la tour d'Aron, faisant ensuite parvenir ses écrits à son journal par la diligence de Paris. Cette anecdote de la tradition orale aronaise a abouti à faire baptiser la tour Tour Eugène Sue, mais aucune preuve matérielle n'atteste de son authenticité et les écrits savants consacrés à Eugène Sue ne font pas mention d'un tel séjour.

4)  Le parc des Forges

 

Le parc des Forges est situé dans la commune d'Aron dans le département de la Mayenne.

Il est devenu parc de loisirs le 29 mars 1986 après son achat par la commune d'Aron. (Déjà en 1974, une précédente municipalité avait tenté de faire l'acquisition de ce domaine, sur lequel se trouve l'étang de la Forge). Le domaine est limitrophe de l'agglomération d'Aron, dans sa partie sud. Il comprend en effet un étang de 11 ha, le pourtour de celui-ci ainsi qu'un parc de 4,5 ha sur lequel se trouve une maison bourgeoise de belle apparence, une maison de gardien ainsi que des dépendances.

Pour augmenter le volume des eaux et les assainir par un courant rapide, et aussi pour établir des moulins et une grosse forge, D'Arglentier, seigneur d'Aron, entreprend au commencement du XVIe siècle de détourner la rivière de l'Aron. Henri IV régularisa par lettres royales cette entreprise et contre laquelle protestaient quelques propriétaires riverains du canal de dérivation.

Les eaux qui avaient servi à défendre l'accès du château furent utilisées comme force motrice, lorsqu'on y établit une grosse forge. Le lieu paraissait propice pour la fabrication du fer. Il était aisé de construire les bâtiments nécessaires2.

Dès 1462, on trouve mention écrite de forges. En 1700, un document les décrit, parlant de leur puissant outillage, en particulier de leur marteau légendaire par sa taille. À cette époque, le minerai de fer est extrait des forêts environnantes, comme la forêt de Pail, par exemple.

En face de l'étang, on apercevait dans une niche du mur de la forge la statue de Saint-Eloi au-dessous était gravée dans la pierre cette inscription : Forge d'Aron rebâtie par Messire L. Pouyvet de la Blinière, conseiller au Grand-Conseil, seigneur de Bourgon, Aron, Bois-au-Parc, Bourgnouvel, Hermet, Landepoutre, Neuvillette, Pré-en-Pail, Couptrain, etc., et conduite par D. Prieul, directeur, en l'année 1746..

Les héritiers de Pouyvet de la Blinière vendent par contrats en 1768 devant Bronod et Maigret à Pierre Le Nicolais : 1. La terre de Neuvillette, en Jublains, 2. La terre d'Hermet, en Mézangers, et de Bourgnouvel, 3. La terre de Bourgon, en Loiron, 4. La terre de Bourgon, en Montourtier. Les biens comprenaient entre autres les grosses forges, fourneaux et fenderie d’Aron, la maison d’habitation du maître de forge, les cours et jardins, les bâtiments servant aux ouvriers …, et les étangs, c'est-à-dire, celui de l'ancien château ou de la Forge, et ceux du Viel-Aunay et de Beaucoudray, ainsi que le moulin de Beaucoudray.

En 1760, les forges produisent 5 000 quintaux de fer et 7 000 quintaux de fonte. Les héritiers de Le Nicolais louent, pour 9 années à partir de1790, les grosses forges d'Aron et d'Hermet aux frères Joseph, Jean-Hugues et René-Benoît Le Sayeux, négociants.

En 1840, on trouve encore trace de production. Mais, à l'époque, les 274 ouvriers qui y travaillent fabriquent surtout chaudronsmarmites et poêles. Les forges constituèrent longtemps l'activité principale d'Aron. D'abord à bras, elles devinrent hydrauliques à partir du xvie siècle. Or, les maîtres de forges, au xixe siècle, étaient considérés comme des notables, dont la réputation allait bien au-delà des frontières du département.

En 1846,changement de cap.

Les Forges deviennent filatures de chanvre et retorderie de coton. Le directeur de l'usine habite dans la maison bourgeoise qui s'est édifiée sur le domaine. L'entreprise textile restera implantée à Aron jusque dans les années 1970.

 

5)- La chapelle Saint Grégoire :

Sauvée du péril grâce à l'action de la société d'archéologie et d'histoire de la Mayenne (SAHM), cette charmante chapelle rurale commence notre série d'été sur quelques uns des 309 édifices recensés par l'ouvrage que l'association vient d'éditer.

Il existe de haute antiquité une petite chapelle de 5,03m sur 4,17m  dédiée à saint Grégoire pape, sans style et réparée vers 1876.» écrit l'abbé Angot dans le troisième tome de son dictionnaire historique de la Mayenne. Il précise : « on l'invoquait contre les fièvres paludéennes fréquentes dans le voisinage des étangs. Une statue de la Vierge Marie, de style archaïque, est enfermée dans une niche demi-cylindrique dont la partie antérieure s'ouvre en deux volets convexes ». Lorsque la société d'archéologie a découvert cette petite chapelle au milieu des champs, tout correspondait à la description du célèbre abbé mais la toiture percée, menaçait mobilier, tableaux et statues. Après une rapide enquête, les bénévoles de l'association découvrirent que la chapelle avait récemment changé de propriétaire et que les carrières Baglione l'avaient acquise en même temps que les terres environnantes. C'est alors que commença une restauration exemplaire, ainsi décrite par René Foucher, l'ancien propriétaire admiratif : « ils ont mis plus de trois tonnes d'ardoises, mais de belles ardoises épaisses, toutes cloutées avec du cuivre. Ils ont remplacé les chevrons qui en avaient besoin et maintenant ils vont refaire le mur de clôture. C'est beau maintenant ! ». Le gardien des clefs n'est pas avare de son temps ni de ses souvenirs et se plaît à raconter les pélerinages d'autrefois. « Du temps des parents, il en venait du monde à la saint Grégoire. Il y avait la messe tous les ans. C'était le curé d'Aron qui venait, le dernier je crois bien que c'était le père Baglin ». Bon guide, après avoir expliqué que la petite statue de la Sainte Vierge ne devrait pas être dans la niche mais que "sa petite maison" est derrière, dans la fameuse niche décrite par l'abbé Angot, il explique que les tableaux, admirablement restaurés, représentent saint Matthieu et sainte Catherine, et qu'ils proviennent en fait de l'ancienne église de la Chapelle-au-Riboul. Notre guide se plait aussi à montrer le tronc réalisé par un plaisantin des siècles passés sur lequel est gravé "tron pour may les gas". L'abbé Angot n'avait pas apprécié, "le mauvais plaisant", notre guide s'en amuse. En sortant de la minuscule chapelle rutilante, posées sur le sol deux jolies croix de granit. Dans le tome quatrième de son dictionnaire, l'abbé Angot précise : «à l'entrée du jardinet, qui précède la chapelle, deux croisillons de croix en granit ». D'après notre guide, elles devraient prochainement retrouver leur place, « M. Baglione m'a dit de nettoyer le jardin, ils vont refaire le mur et mettre les croix de chaque côté de l'entrée». 

Pratique : la chapelle se trouve sur la route entre Aron et Marcillé, prendre à gauche le chemin juste avant le terrain d'aviation et poursuivre jusqu'au bout. C'est à gauche. Il faut demander la clef à René Foucher.

6)- La chapelle St Ouïe

La chapelle située près de la rivière Aron est connue sous les noms de St Ouie ou Ste Ouie (Angot) ou St Ouis (Grosse-Dupéron) qui seraient des déformations de Ste Eugénie, vierge née au Mans au 7e siècle (*).

Il ou elle était invoqué(e) dans les cas de surdité et contre les maux des yeux. Le pèlerin se lavait les yeux et le front à la fontaine située entre la chapelle et la rivière.

En 1212, Jean, abbé de St Julien de Tours met fin à un litige au sujet des dîmes de St Ouie entre les moines d’Evron et ceux de St Etienne du château de Mayenne. En 1217, le chemin de la chapelle est donné comme abornement dans une charte de Savigny.

Le culte se St Ouie est supplanté par celui de St-Jean-Baptiste dont la chapelle conserve une statue. L’assemblée se tenait le jour de sa fête et un pèlerinage existait jusqu’au milieu du 20e s.

La chapelle a été modifiée à une époque indéterminée par relèvement des murs latéraux.

Vendue comme bien national au propriétaire de Beauchêne, elle est revendue à la fabrique d’Aron avant de revenir au premier. C’est un lieu privé et ses propriétaires en assurent efficacement l’entretien.

(*) Dictionnaire thématique et géographique des saints imaginaires, facétieux et substitués, J. Merceron, p. 506.

 

  7)-Chapelle Saint-Anne-des-Eaux à Aron

 

 

Cette chapelle a été érigée avant le XVIIe siècle, puis restaurée en 1804, 1939 et 1979.

Elle abrite une statuette en bois polychrome, haute de 30 cm, représentant Saint-Ortaire, ermite puis abbé de l'abbaye de Landelle, près de Vire (Calvados), qui a évangélisé la Basse-Normandie au Ve siècle.

Cette chapelle abrité également une statue de sainte Anne avec la Vierge Enfant.

Une reproduction de cette chapelle peut être vue sur le golf miniature du parc des forges tout près.

La chapelle Sainte-Anne d’Aron se situe à quelques pas de l'étang de la Forge, en bordure de la route qui relie Aron (Mayenne) à Bourgnouvel. Elle est édifiée à 1,2 km d'Aron, dans une région où une tradition, fidèlement conservée, attribue à sainte Anne, la protection de la commune contre les ravages de la grêle.


Histoire


Le sanctuaire est très ancien. Certains documents permettent d'affirmer qu'il existait déjà avant l'an 1700 et des historiens le font remonter au xve siècle, en prétendant qu'il pouvait y avoir, en cet endroit, un lieu de culte qui a pu se modifier au fil des siècles[réf. nécessaire]. Les archives diocésaines retiennent que cette chapelle a subi une sérieuse restauration en 1804. On en demandait la conservation en l'an XII mais rien ne fut fait et elle resta tel quel. On eut l'idée de la réparer en 1939, puis elle dut se résoudre à attendre l'action des Aronnais pour être définitivement rebâtie.


Le poisson


Il est fait la description suivante à la fin de l'année 1659, par Madeleine de Souvré1, marquise de Sablé, veuve de Philippe-Emmanuel de Laval-Bois-Dauphin, dans l'aveu qu'elle rend au cardinal de Mazarin, duc de Mayenne, le 19 décembre 1659 :


« J'ai le droit de saisir et arrêter marchand mareyeur, menant poisson passant par mon bourg d'Aron, faute qu'il fera de monter à la croix de la Grésillière, située sur le chemin du Mans et au-devant de la porte de mon château, et là de crier par trois fois à haute et intelligible voix : Monsieur d'Aron, v'nez au poisson. En cas que je veuille avoir de son poisson à prix raisonnable, je suis tenue lui donner chopine de vin ou une mesure d'avoine à son cheval. Et, à faute qu'il fera de ce faire, j'ai droit de confiscation et d'amende contre ledit mareyeur. »


En 1979, l’association pour la restauration de la chapelle organisa une foire à la criée en se référant aux usages anciens qui concernaient la croix de la Grésillière, une croix qui prêtait jadis son socle aux mareyeurs tenus à inviter le seigneur des lieux à venir au poisson.


Restauration


Grâce à l’argent procuré par cette vente, à divers dons et à la collaboration de tous, la chapelle a pu être entièrement restaurée. Elle abrite une statue de sainte Anne, œuvre de la fin du xxe siècle, due au sculpteur Bourdon de Hercé. Les statues de saint François d'Assisses et de sainte Élisabeth rappellent l'existence d'une fraternité franciscaine qui se réunissait dans le sanctuaire. Fondée par M. Guesdon, en 1889 cette fraternité fut dissoute en 1901.


Outre ces statues, la chapelle Sainte-Anne possède celle de saint Ortaire de Landelles, évangélisateur du pays d'Aron au vie siècle. Le domaine de Sainte-Anne relevait de l'abbaye d'Évron et il fut vendu, avec la terre de Bourgon, en 1768.


Le marché de la Grésillière

Autrefois, en allant du bourg d'Aron à la forge, on passait devant la vieille croix de pierre de la Grésillière, à proximité de laquelle les petits Mercerots, les savoyards porte-balle qu'on appelait des haut-à-bas2 étalaient ce qu'ils vendaient comme marchandises aux Aronnaises :d'abord de menue mercerie ;quelques morceaux de camelots d'Arras, de serges de Saint-Lô, de tiretaines d'Alsace, de l'escot ;de belles étamines pour les coiffes, des mouchoirs ;quelques bijoux, des bagues, des cœurs, une croix d'argent, un petit Saint-esprit décoré de pierres de couleur ;un de ces colliers à pendeloques que le mari offrait à sa femme le jour des épousailles.

  

8)- Le monument des fusillés à Aron 


Ce monument, situé au lieu-dit "Le Chêne des Croix", a été érigé en souvenir des quatre habitants de la commune et du curé de Grazay fusillés par les Allemands à la Libération, en août 1944.

Ces cinq civiles furent fusillés lors de la libération d'Aron, les jours suivant Aron fut l'objet d'une violente contre-attaque. La commune, la plus sinistrée des communes rurales de la Mayenne, reçue la croix de guerre 39-45 en 1965 par le général De Gaule en personne.Celle ci est conservée dans le bureau du maire, monsieur Pierre Forêt.

Mayenne fut libérée le soir du 5 août 1944, les troupes allemandes durent battre en retraite vers l'est, en passant par Aron et Bais. Une bataille a duré du 6 au 12 août 1944. Le 5 août, des véhicules allemands de toutes sortes et abondamment chargés passent dans le bourg. Le lendemain, le 6 août, la population ne doute pas que la libération d'Aron soit terminée. Vers midi, des soldats postés sur la route de Grazay signalent que des soldats allemands revenaient vers le bourg. C'était le début de la contre-attaque. Plus de 50 maisons sont incendiées ; avant leur retraite, les assaillants ont encore incendié l'église, le presbytère et l'école des garçons

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9) Les mystères d’Aron :

 

NOTICE

 

SUR

 

LA CHAIRE-AU-DIABLE,

 

PRÈS DE JUBLAINS (MAYENNE). par F. J. Verger

de Nantes

  

 L'abbé Lebeuf dit, dans un passage sur Jublains : « Aux environs, se voit un bloc de pierre, élevé sur un petit tertre, dans une commune plantée de vieux hêtres : ce bloc est taillé en forme de fauteuil, et sur le marchepied est l'empreinte de deux pieds en griffes. Les habitans du lieu l'appellent la Chaire-au-Diable. Il serait plaisant que cette chaire au diable eût donné le nom de Diablintes aux habitans de ce canton, comme il le serait que cette expression, ils travaillent comme des diables, tirât son origine du village de Jublains, dont les habitans passent pour les plus laborieux du pays du Maine. »

 Renouard parle de la Chaire-au-Diable en ces termes :

 « Dans la commune d'Aron, sur le chemin de Jublains à Mayenne, en arrivant à la chaussée qui traverse l'étang de la Forge, on voit une table de 6 mètres 50 centimètres de longueur sur 3 mètres 25 centimètres de largeur. Elle est gisante à terre : ses supports ont disparu. On a gravé assez profondément sur cette table de pierre une figure grossière d'homme avec des griffes. On croit dans le pays que c'est la figure du diable. »

 En lisant ces deux descriptions de la Chaire-au-Diable, nous avons pensé que leurs auteurs n'avaient pas vu ce monument. L'abbé Lebeuf parle d'un bloc de pierre, et Renouard d'une table de 6 mètres 50 centimètres de longueur. A coup sûr cela ne peut s'appliquer à ce que nous avons vu, et il y en aurait une autre dont on n'a pas connaissance dans le pays. L'abbé Lebeuf parle d'une petite commune plantée de vieux hêtres. Nous pensons qu'il y a ici une erreur de sens ou d'impression ; car cette commune (celle d'Aron) ne paraît pas avoir été plantée spécialement en hêtres.


Commune devrait peut-être s'entendre du lieu où gît cette pierre, lieu qui est ce qu'on appelle un commun, un terrain vague, et fréquemment dans le pays un pâtis ou pâtureau. Il pouvait s'y trouver quelques hêtres qui auront été abattus, car on n'en voit pas un seul près de la pierre.

Nous n'avons point remarqué de figure d'homme, ni de griffes sur le marchepied. 

Nous allons donner une troisième description de cette pierre. Nous nous flattons qu'elle aura le mérite de l'exactitude. Nous y joignons un dessin, pris sur le lieu même, qui aidera à comprendre ce que nous avons à en dire.

 Sur le bord de la route de Mayenne à Jublains et à environ 2 mille mètres de ce bourg, après avoir passé la chaussée qui traverse l'étang d'Aron, on voit sur la gauche une grosse pierre appelée la Chaire-au-Diable. Elle est à peu près à égale distance de la route et de la ferme à laquelle elle a donné son nom, c'est-à-dire à 40 ou 50 pas de l'une et de l'autre.

 Cette pierre en granit grossier est gisante sur le sol, ou plutôt sur d'autres roches de. même nature qui se trouvent en cet endroit en assez grande quantité. Presque toutes sont au niveau du sol. La Chaire-au-Diable s'élève au dessus à environ 1 mètre de hauteur. Elle a 5 mètres de circonférence au dessus du rebord qui lui forme une espèce de socle ou de base. Sa forme est à peu près ronde, sauf du côté nord-est où nous l'avons dessinée ; cette face est presque droite sur une longueur de deux mètres.

 La chaire n'est pas placée horizontalement, elle est inclinée du sud au nord. Cette position indiquerait-elle qu'elle a été remuée ?

 Sur son sommet, dont les rebords sont irréguliers, se trouve creusé circulairement le prétendu siège. Son diamètre est de 50 centimètres ; la profondeur de 10 à 12 centimètres.

 De deux côtés se trouvent deux enfoncements, formés, dit-on, par le diable, lorsqu'il appuya ses membres nerveux sur la chaire. Près du bord et au fond du siège se voit l'empreinte d'une griffe à cinq doigts. Dans les deux récits précédens il est question de deux griffes. Nous n'en avons vu qu'une ; encore eûmes-nous de la peine à l'apercevoir, parce qu'elle était recouverte de sable et de boue. Pour s'assurer s'il y en a deux, il sera nécessaire de faire nettoyer,cette pierre.

 Nous n'avons remarqué autour aucune trace d'ancienne construction ni d'autres pierres détachées. Elle est tout près d'une haie servant de clôture à un champ ; sur cette haie sont deux poiriers ; ce sont les arbres les plus voisins de la Chaire-au-Diable.

 Voici ce qu'on nous a appris sur l'origine de ce nom, qui remonte, à ce qu'il paraît, à une époque assez éloignée.

Des ouvriers essayaient depuis longtemps de construire une chaussée pour traverser les étangs d'Aron et en retenir les eaux ; mais leur ouvrage n'avançait point, car chaque nuit voyait s'abîmer sous les eaux le travail du jour précédent. Les ouvriers désespérés allaient abandonner leur entreprise, quand tout-à-coup le diable leur apparut, et leur dit qu'il mettrait fin à leurs peines, s'ils consentaient à ce qu'il s'emparât du premier individu qui passerait sur la chaussée dès qu'elle serait finie. Fatigués de tant de travaux inutiles qu'ils avaient faits, les ouvriers ne considérèrent que le plaisir de sortir d'embarras, et le marché fut conclu. L'histoire ne dit pas quels gages furent donnés, quelles arrhes furent reçues ; toujours arriva-t-il que la chaussée se termina avec une merveilleuse facilité et comme si le terrain eût été des plus solides.   Ce fut alors que les ouvriers pensèrent sérieusement à la promesse qu'ils avaient faite au diable. Livrer un homme, c'était en même temps livrer son âme aux tourments éternels. On délibéra, et dans ce petit conciliabule on prit une résolution que ne désavoueraient point nos diplomates. On se reporta non à l'esprit, mais aux termes de la convention. On avait stipulé qu'on livrerait le premier individu, et non le premier homme ; et nos ouvriers de rire et de battre des mains à l'ingénieuse idée de celui qui avait trouvé cette petite escobarderie. A malice, malice et demie, dirent-ils. Et ils s'emparèrent d'un chat, qu'ils placèrent à l'un des bouts de la chaussée, et là, à coups de fouet, ils l'obligèrent à fuir à l'autre extrémité, le diable était là, attendant sa victime. On imagine quel dut être son désappointement, à la vue du pauvre animal qu'on exposait à sa fureur. Il l'emporta cependant, aimant mieux, sans doute tourmenter un chat, que de n'avoir rien à faire. Il vint se reposer sur la fameuse pierre, où il laissa l'empreinte d'une partie de son corps. C'est apparemment en quittant cette station qu'il imprima cette griffe sur le siège ; car dans sa colère les mouvements devaient être brusques et vigoureux, comme un démon est capable d'en faire.   Récemment cette pierre a été endommagée à l'un de ses bords supérieurs. Il est à désirer qu'on la respecte, si ce n'est par la crainte de déplaire à monseigneur le diable, au moins pour ne pas nuire au plaisir des voyageurs, et par respect pour une antiquité remarquable. Le pays, au reste, y est intéressé ; car il existe des amateurs de toute espèce de curiosités, et on ne peut que gagner à attirer les étrangers chez soi.   Comme nous l'avons dit, dans notre notice sur Jublains, cette pierre est probablement un autel druidique, bien qu'elle n'affecte pas la forme ordinaire des peulvens et des dolmens que l’on voit ailleurs.   Elle n'eût pas conservé un renom pareil à celui qu'elle a, si son origine n'était très ancienne, et si elle n'eût été consacrée jadis à quelque culte. De là le merveilleux attaché à son histoire.   Il sera intéressant de la comparer aux trois autres pierres du même genre qu'on nous a dit exister dans les environs. L'art de l'ouvrier se fait à peine remarquer sur celle-ci ; car, à l'exception du siège ou bassin creusé sur le haut, et de la griffe, qui, probablement, a été ajoutée à une époque peu reculée, cette pierre paraît avoir une forme donnée par la nature. Nous sommes d'autant plus porté à le penser, que nous en avons vu plusieurs autres d'une conformation presque semblable, près d'une ferme située dans une vallée en face de la forteresse romaine de Jublains.   Nous ne pouvons que confirmer ce que dit l'abbé Lebeuf concernant les travailleurs de Jublains. Ils ont conservé leur antique renommée. Ils travaillent toujours comme des diables. Nous avons été à même d'en juger par ce qu'on nous en a dit, et par les ouvriers que nous avons occupés pour exécuter nos fouilles.    
Autres renseignements sur la Chaire-au-Diable. 
  La notice qu'on vient de lire n'était pas destinée à paraître seule. Je l'avais extraite d'un second ouvrage sur Jublains et les environs, qui est sous presse en ce moment, pour en faire lecture au Congrès de Poitiers. Je fus devancé par M.Mangon de la Lande, archéologue distingué, auquel nous devons un grand nombre de publications intéressantes sur les antiquités. Il lut au Congrès une jolie pièce de vers sur un sujet absolument semblable attribué au pont d'Anzême (Creuse). Je renonçai dès lors à ma lecture. Le comité de rédaction a jugé ma faible notice digne d'être insérée en entier dans le compte qu'il a rendu du Congrès1 : il y a beaucoup de bienveillance dans cette admission. Plusieurs membres de la section d'archéologie, présents à la lecture de M. Mangon de la Lande, m'ont assuré qu'ils avaient entendu raconter cette fable en divers lieux.

 Pour compléter les renseignements sur la pierre d'Aron, j'ajouterai ce qui est parvenu à ma connaissance à mon second voyage à Jublains.

 On dit que la diablesse, pour aider à l'accomplissement de la promesse de son époux, apportait des pierres dans son devanteau (tablier), et qu'il en contenait, à chaque fois, plus de vingt charretées. On ajoute encore que le diable, se voyant joué par les ouvriers, avait, en partant, donné un si rude coup de pied à la chaussée, qu'il avait toujours existé un mauvais pas en cet endroit. Un passage de la chaussée était effectivement dangereux pour les voyageurs depuis un grand nombre d'années ; mais comme apparemment le diable devient moins méchant, ou qu'il perd de son pouvoir à mesure que nous devenons meilleurs, le mauvais pas a disparu : la chaussée a été bien réparée.

 J'ai eu connaissance, depuis peu de temps, d'un article de feu M. Dugué du Mans, inséré dans les Mémoires de la Société des Antiquaires de France, où il donne la description d'une Chaire-au-Diable, qui se rapporte à celle de Renouard que j'ai citée ; mais au lieu d'être dans la commune d'Aron, elle existait dans celle de Hambers, qui en est voisine. Il n'est donc plus étonnant que sa description diffère de la mienne. Le monument d'Hambers a été détruit. Un propriétaire s'en est emparé pour construire une métairie. Ainsi disparaissent peu à peu toutes nos antiquités, qu'il serait si facile au gouvernement de conserver en les déclarant nationales et en les payant aux propriétaires.

 A ce sujet, je renouvellerai une proposition que j'ai faite en diverses circonstances, et que je reproduirai sans cesse jusqu'à ce qu'elle ait obtenu quelque succès. Elle consisterait à obliger les communes à prendre le plan géométral et le dessin de façade de tout monument dont on ne pourrait empêcher la destruction, soit qu'il appartînt aux communes ou aux particuliers. Une copie de ces dessins serait déposée aux archives du chef-lieu de département. Autant que cela serait possible, on y joindrait l'histoire du monument. Par ce moyen, nous aurions au moins des archives intéressantes. Il serait bien aussi, quand les communes le pourraient, de prendre le plan en relief.